• Jacques Vigny, matricule 81030.
     
"C'est donc après 6 jours de marche, cette folle marche de l'évacuation du Kommando, le 18 avril, que nous fumes parqués à Boswitch, un tout petit village où il fut distribué quelques oignons pour tout repas... et ou nous eûmes le droit de nous tremper les pieds dans une mare au milieu de la place. Enfermés dans une grange qui fut pour beaucoup un enfer et pour d'autres l'avant-scène de la mort, la nuit fut terrible, sans repos, sans sommeil, tantôt debout, tantôt accroupis ou effondrées avec les appels et les jurons des plus faibles qui ne parvenaient pas à se dégager des plus forts, ou tentant de se replacer ou de changer de position (nous avons subi cela Hénin et moi, blottis sous une charrette), et à l'extérieur, les hurlements des SS qui menaçaient de nous mitrailler ou de nous lancer des grenades.
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  • Paul Bonte, matricule 78705.
 
"Le 21 avril 1945, il y avait déjà dix jours que le kommando, ou tout du moins, ce qu'il en restait, se traînait sur les routes de Saxe.
Escortée par les SS et les kapos, notre colonne de squelettes vivants s'amincissait au fil des kilomètres. Les étapes étaient longues, haras­santes, meurtrières. Epuisés par les conditions de vie inhumaines à Stassfürt, nous ne pourrions plus supporter très longtemps cette marche forcée qui était devenue une marche à la mort.
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  • 15 jours avant sa mort, Georges Lavacquerie , matricule 78854, qui n'avait jamais voulu écrire son histoire a été interviewé, par Marcel Léger, sur les circonstances de son évasion durant la Todesmarch.
 
"J'ai toujours pensé que je m'évaderais. Cela faisait cinq jours que nous marchions lorsque l'occasion m'en a été donnée. Je me souviens que nous étions arrivé de nuit. Il devait être aux envi­rons de minuit. J'étais avec mon copain Renverse, et comme nous étions dans une grange de ferme, je lui ai dit "tu me mettras un peu de paille sur moi quand je serai rentré dans ce trou".
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  • Jean-Pierre KNITTEL, matricule 77993
     
"Je voudrais encore vous parler de mon évasion. C'était, si mes souvenirs ne me trahissent pas, le 2éme jour après notre départ de Stassfurt. Nous avions traversé le pont de la Saale à Kônnern, peti­te bourgade et nous avons passé la nuit dans la ferme de Délena, une énorme grange remplie de foin.
 
Le matin, j'avais décidé de m'enterrer dans le foin et de ne plus reprendre le départ.
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  • Evasion de Jean Augré (matricule 81 285) à l’étape de Dalena (le 13 avril 1945):
 
"Je voyais bien qu’on allait tous y passer, surtout que le deuxième jour (le 12 avril 1945) il y a eu en plus un mitraillage par l’aviation alliée. J’avais d’ailleurs fait une première tentative, la veille, alors qu’on était couchés dans une grange (à Warmsdorf). Avant le départ je m’étais caché sous la paille, mais j’ai entendu des bruits de fourches piquant la paille. Alors quand j’ai vu ça, je suis sorti de là, j’ai été ramené à la colonne où là j’ai pris une sacrée volée à coups de grenade à main. Mais j’ai pu me faufiler parmi les autres. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas été fusillé.
 
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  • La halte de Dittersbach: récit de Max Gombert.
     
"Je suis à deux doigts de la mort… seul un miracle peut me sauver… Si nous arrivons demain, je sais que je n’aurai pas la force de repartir. Dans la soirée j’écris avec une mine de crayon à mon épouse et à mes parents sur un bout de papier récupéré. Je confie mes dernières volontés à un ami, Pierre Donan, qui semble en état de poursuivre la route.
Le lendemain, pas de départ, ni les jours suivants. L’espoir renait.
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  • René Rouy, élève-garde, réussit à s'évader du dernier train.

Il me sera sans doute très difficile, trente ans après, de relater avec le maximum de précisions mon évasion du train qui, le 17 août 1944, nous conduisait en Allemagne. Ce désir d'évasion me tourmentait depuis mon arrestation et ma décision de faire le maximum pour ne pas quitter le sol français n'a pas été fortuite mais pensée depuis le jour où j'ai su que les convois quittaient Compiègne par voie ferrée.

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Les évasions